lundi 14 septembre 2015

Une Nuit des Cabornes prometteuse

Vous le savez maintenant, cette année, pour moi c'est Road to SainteLyon ! 


Alors je me suis inscrit sur cette course dans l'idée de tester mon comportement, une partie de matos, la nutrition et le mode nuit sur une sortie longue (ma plus longue course jusqu'à présent en fait).

Et puis il faut aussi dire que la course a très bonne réputation, et qu'elle est organisée dans les Monts d'Or par l'association Saône Monts d'Or Nature.

Toutes les images que vous verrez ici (en dehors des miennes qui sont faciles à reconnaître...) sont faites par des photographes amateurs ou de métier ! 

Merci donc à Yann Coric, Frédéric Vigier, Julien Lantuejoul et Christophe Anselmo, + l'orga de Saone Monts d'or Nature  ;)


Les entraînements enchaînés ont peut être été un peu forts, j'ai une hanche (coté droit cette fois !) qui tire un peu, différemment de mes derniers déboires tout de même. Je suis donc dans l'esprit de prendre du plaisir, courir aux sensations et si ça tourne mal, je bifurque au 16e km sur le parcours 25km/1200D+ au lieu du défi prévu : 50km/2500D+. Bon ça c'est le plan de repli.

Un groupe de rock au départ, c'est pas beau ça ?
Introduction d'une nuit musicale ;)
Je viens donc me tester, moi et mon matos, pour valider ce que j'adopterais pour ma SainteLyon. Chaussures & frontale bien sur, mais surtout nutrition/hydratation en course, gestion de nuit et... le mental !
Seront donc à l'essai long : mes confortables NB980MT, mon phare NAO², une gourde dure + une soft flask pour comparer !

Comme d'hab, je pars avec un bidon plein de boisson énergétique, mon 2e contenant est chargé en eau.
J'emmène également pour la nutrition des barres OVOMaltine, Figolu, et la gourde de compote habituelle. Je veux tester de manger une fois par heure, hors ravito, car sur le long c'est vital il parait.

Sortie du retrait des dossard. Où est Charlie  David ?
J'aurais croisé bien du monde avant le départ ! La Team Trailer des Monts d'Or de retour de leur exploits estivaux, Christophe Anselmo de retour de l'échappée belle, Mathieu et ma récente nouvelle team : Trail Outdoor 69

Mathieu sera avec Christophe en spectateurs en haut du Mont Thou, après leurs échappées, c'est repos !
Au top ! Merci Christophe !
Bref on palabre mais il faut se rapprocher de la ligne de départ avec le Team.


20h30. Etant donné les bouchons pour arriver sur Saint Romain aux Monts d'Or, l'orga décale le départ de quelques minutes... on trépigne ! Puis c'est parti pour une longue nuit !

Je me suis promis de ne prendre que du plaisir, et de ne pas être esclave de ma montre, sans arrêt à regarder mes puls/min. Je veux que ce soit smooth... en fait je ne regarderais que le compteur kilométrique. Et le moins possible.

Je pars milieu de peloton, avec un rythme très cool. J'allume finalement assez tard la frontale, car les frontales autour sont suffisantes et je me dit que j'économise ma batterie au milieu des coureurs du 25km qui auront naturellement moins besoin d'autonomie...

Je cours finalement très fluide, bien léger, c'est le pied et je pousse donc un peu sur la première montée : je suis bien ! Je me méfie tout de même, il ne faut pas s'emballer car on part pour 50 si tout va bien jusqu'au 16e !

1ere ascension de +250 avalée km4, descente avec les jambes légères, je me laisse descendre souplement et double au possible dans les mini-bouchons.

2e bosse de +250, je connais bien ce coin, on file tout droit sur le mont Thou par un passage identique au Trail des Cabornis. Je m'affole pas et monte sans me taper dessus.

Une fois en haut, nous sommes au 8e km. Je vois Mathieu & Christophe comme prévu et me met à gueuler comme un cinglé. C'est le mot, oui oui...
Et là je sais pas pourquoi mais j'accélère, c'est l'euphorie car on vient de passer le point haut de course. Je sais qu'on file sur une belle descente technique comme j'aime et de nuit ! Pour le moment pas d'ombre au tableau, je me sens ok pour le 50.

Je profites à fond, j'adore et çà se voit !





















I feel good ! Je file a bonne allure vers le 1er ravito au 12e km.
Beaucoup de coureurs doublés, et toujours aussi aérien ! 


Un petit coup de cul nous fait arriver au 1er ravito, où un véritable orchestre nous attend. Ambiance peu habituelle pour un ravito ! Tout çà en pleine nuit c'est juste trop fort ! 


Arrivé au ravito en 1h30, je n'ai pas suivi mon voeux qui était de manger une fois par heure. Par contre à ma décharge je me suis très bien hydraté !

Je grignote donc un peu et remplis mes deux gourdes dont une de boisson énergétique. 

Le parcours est jonché de musiciens !
Je traîne pas trop, et 4 min plus tard je repars en compagnie d'Olivier (TO69) !


Bon ceux là ils étaient TRES heureux d'être là ! ;)
On enchaîne ensuite par du up & down classique aux monts d'or, les sensations sont toujours là, c'est cool.

Ce qui est assez fort sur ce trail, c'est les musiciens planqués à des endroits où l'on ne s'y attend pas. Vous déboulez de nuit d'un sous bois avec une petite flute traversiere en fond, ca donne une ambiance très spéciale... Perso j'ai adoré !

Je suis dans ma bulle, et je profite vraiment. Je sais que je vais pouvoir aller sur le 50km. Les jambes sont là, je ne suis pas entamé.

Je ramasse vers le km15 un coureur qui s'est littéralement envolé en descente, le pied ayant shooté dans une racine. Le pauvre est groggy, il court par automatisme en se relevant et est encore KO... ce n'est qu'après quelques longues secondes qu'il fait le checkup pour me confirmer que je peux le laisser et qu'il va bien. Du moins plus de peur que de mal...

C'est donc avec une grande vigilance et toute ma lucidité que je file tout droit vers la bifurcation 25/50. et au 17e, je switche donc vers mon plus long parcours jamais fait.

La flûte jouée à la Caborne du Chirat me refile un grand smile et ça se voit même en slow motion ! De nuit c'est magique !
Ca démarre par une grande descente, donc je lâche un peu les jambes et reprends des coureurs. En fait je me rends compte à ce stade qu'on ne m'a pas doublé depuis longtemps... marrant ça !
Je m'en satisfait, je me sens toujours bien et je déroulerais ainsi sans problème, jusqu'à la piste VTT que l'on remonte. C'est plus dur mais ça passe ! En haut le vent souffle et je mets mes manchettes pour ne pas prendre froid.

Bénévoles le long du parcours en foret, Sud Chasselay.
Au 25e km après une belle montée, je croise des bénévoles à l'intersection vers ma descente préférée sur Chasselay. Ils m'annoncent les 3 prochains km en descente vers le ravito suivant.
Cool j'envoie donc un peu comme je connais bien ce coin et pense au ravito qui approche avec l'autorisation de s'arrêter un court instant.

Mais en fait on ne la descend pas en intégral et le bénévole ne m'a pas donné la bonne indication... c'est reparti pour de la montée. Je prend un coup au moral mais maintient mon rythme. Je ne veux pas me faire doubler, car pour le moment c'est moi qui double !

A un moment, il y un passage fait maison dans les bois, sans véritable trace, au milieu de troncs bien droits avec pas mal de feuilles mortes. Heureusement j'étais pas cramé à cet endroit. Car bien entamé le bad trip est possible façon blairwitch !
On est seul avec les cris des chouettes et les craquements de branches... à faire !

Les coureurs sont très distants, aussi, sans regarder ma montre je me dis que je suis soit dans les derniers, soit qu'on est très peu à avoir pris le 50km... bref. J'arrive au ravito en bon état.

Je recharge mes gourdes, j'étais à sec... Carton jaune pour la bouffe. Je ne suis pas arrivé à faire une fois par heure, même si j'ai mangé mon figolu. Je prends un peu plus de temps, 6min. Le mental est bien, le corps accuse bien le coup même si il me fait sentir que c'est la nuit et qu'il n'est plus survolté. Je laisse partir ceux qui sont arrivés avant moi. Mes poursuivants arrivent (deux kikourous dont un avec un buff sur la tête) et je file aussitôt pour ne pas me faire rattraper et ne pas prendre froid car la température devient un danger pour ma course. Les bénévoles aux ravitos sont en doudoune, nous en tshirt + manchettes. Prendre froid au bide c'est jamais bon... donc je file courir pour me réchauffer !

Je sens mes jambes mais franchement rien de difficile. Toujours pas de crampes, malgré quelques faux pas ou je manque de tomber. Je paie mes imprécisions par une lourde accélération... La fatigue approche, il faut être plus vigilant. Je marche les montées (assez raides il faut dire) et me surprends à relancer facilement en haut. Dingue.

Au 33e, je croise un hérisson, je me suis dit que c'était cool que ce soit pas un sanglier !

Autour du 35e (si ma mémoire est bonne) je me fais doubler par un gars que j'ai doublé plus tôt me semble-t-il... bon, après tout c'est déjà bien ce que je suis en train de faire !
La fatigue commence à se sentir, je monte moins vite et alterne plus souvent marche/course sur les pentes que je courais jusque là.


Arrivée à Curis au mont d'or, au 43e km pour le dernier ravito. Je ne l'ai pas pris à la légère car les deux dernières bosses sont réputées terribles ! Recharge en eau et remplissage d'une gourde en coca. Pas de boisson énergétique car on sent que l'écurie approche ! un bout de sauc, tuc, abricots secs et mes traditionnelles bananes et zou c'est reparti ; ça caille !! 

Je redouble là des concurrents restés au ravito ! Un me rattrape peu de temps après, mais on en est au même point : la fatigue arrive et on est prudents sur la difficulté des dernières bosses.
Nous ferons finalement ces dernières étapes ensembles à discuter de nos expériences et objectifs... super sympa ! Je laisse donc mon compagnon (Christophe) filer, plus en forme sur la fin de la dernière bosse. 

Photo floue une fois la ligne passée avec Christophe,
mon compagnon de fin de course !
Km47, la fin approche et je reconnais la montée des salamandres, que nous empruntons donc en descente ! Ce n'est pas vraiment une partie de plaisir avec autant de bornes dans les pattes, je me méfie de chaque cailloux et décide de rouler tranquille pour ne pas risquer bêtement une blessure devant l'arrivée... et puis comme je ne vois pas de frontale à mes trousses, ça m'ira bien de finir comme j'ai voulu faire la course : Mode sortie longue, objectif finir, prendre du plaisir et faire au sensations ! Je me suis donc écouté encore une fois !

C'est donc en 6h36 que je parcours les 50km/2500D+. J'hallucine sur mon chrono et demande mon classement : on m'annonce 23e sur environ 70 engagés (pour 130 inscrits sur le 50). Amazing !
Je suis bien, je n'ai pas les jambes explosées, j'ai le smile. C'est cool !

Un gros gros Merci aux bénévoles hyper serviables et avec le sourire !
Un balisage parfait ! Super la peinture écolo !

Le repas et la bière de l'arrivée avalés, je me suis rentré pour dormir ! (et j'ai exceptionnellement fait une sieste le lendemain ^^)

Notes pour la suite :

  • NB980MT pour la SainteLyon : OK
  • Les softflask : OK
  • Faut vraiment que je m'améliore sur la régularité en bouffe 
  • La NAO c'est 1a vie
  • Coté musculaire c'est OK, montées/descentes sans dégats ni crampes, j'ai d'ailleurs pas eu de courbatures les jours qui ont suivi...
  • Courir totalement aux sensations c'était le pied, ça va devenir la routine.
  • Mon doute sur ma hanche n'a pas empiré. Je ferais un petit ostéo pour assurer tout de même.
  • Gestion de la nuit : impeccable, je suis bien à l'aise.

 Et à la question si j'avais eu les 72km à faire ? Ben je les aurais fait sauf avarie, je me suis posé cette question en voyant la ligne d'arrivée ! C'est bon signe !

A bientôt !


Mes courbes sur cette nuit des cabornes 2015



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire