lundi 11 mai 2015

Skyrunning Drôme : Quelle Aventure !


2e étape de mes sessions de renforcement sur les trails longs, j'ai choisi d'intégrer à mon planning le Skyrunning Drôme (aka Trail du Bout de Drôme) sur les conseils de Mathieu Montagne.

Le magnifique village de Saillans, posé sur la rivière Drôme
Ce sera notre point de départ.
Il parait que c'est superbe, technique et dans une bonne ambiance. Ok mes dernières courses se sont bien passées, allons pour un dossard !

Sont donc annoncés 37km pour 2350D+. C'est en fait la dernière section de l'ultra des aventuriers du Val de Drôme (111km pour 7200D+, chapeau...).
Le parcours est annoncé comme très technique. Skyrunning qu'il disent... bon ben on verra bien ce que c'est.

Je n'ai pas trop d'appréhensions pourtant c'est un ratio km/D+ des plus difficiles.

Bah c'est la Drôme, je suis chez moi, ca ne peut que bien se passer... J'avais en fait très hâte d'y être car le tracé est mythique (Merci Jack Peyrard pour cette énorme qualité) :
- Départ de Saillans
Les trois Becs (Copyright Alexandre Laville)
- Montée du Cresta
- Ascension aux Trois Becs
- Redescente par la Grande Combe de la Forêt de Saou
- Sortie du Double Synclinal par le Pas du Faucon
- Arrivée à Crest

Mais arrivée à Crest pas n'importe où : là où j'ai suivi et obtenu mon BTS, là où j'ai aussi passé mon permis de conduire ! Roh la vache... Ça rajeuni pas ! C'est pour moi hautement symbolique de venir courir ici.

J'ai une véritable passion pour la Drôme, j'adore mon coin natal, et là c'est juste une énorme immersion au paradis...annoncé comme un enfer !

Crest et sa tour ! Une arrivée que l'on repère de loin...sauf quand on la cherche en fin de parcours !
Vous trouverez aussi les 3 Becs bien alignés sur la droite



Ce qui est compliqué c'est les 12 premiers km : on prend 500D+ au Cresta et 850D+ pour monter aux 3 becs...
La suite dépendra de l'état dans lequel je sors de cet apéro comme disait Jack au micro...













Nous partons donc à 6h15 de Lyon en covoiturage avec Mathieu.


Arrivée sur place 1h et quelques après, récupération du dossard, on se prépare pour la navette qui doit décoller à 8h30 de Crest pour rejoindre Saillans.

L'arrivée à Crest est sur le podium, à l'espace Soubeyrand
En route, le temps est gris, les Trois Becs sont pris dans les nuages... pourtant ils annoncent un grand beau. On verra, d'ici qu'on soit en haut ça aura le temps de se dégager !

Et une fois arrivé sur place, ben... 6h c'était vraiment beaucoup trop tôt pour un départ à 10h30... va falloir attendre 1h30 environ...Café !

On a pu voir l'arrivée le passage de Frederic Desplanches & Stéphane Brogniart, hallucinants de fraicheur après 67km de course... très rapidement repartis, là ca ne rigole pas, on joue l'ultra Drôme !

C'est dingue de voir qu'ils avaient 45min d'avance sur les temps de passage de l'anne précédente... respect.

Photos souvenir Mathieu ;)
On aura pu voir arriver Estel Courtial qui a littéralement explosé son poursuivant en remportant haut la main le 67km tout en ayant perdu 15 min sur une gamelle... chapeau là aussi.

Bref ! Quelques photos d'avant départ pour vous faire voir l'ambiance "pas de prise de tête" de ce trail.

C'est détendu, simple, et faisait pas chaud à force d'attendre !


Saillans centre (ok c'est pas beaucoup plus grand...)



Le matos obligatoire est assez important, surtout les 2 frontales... pour le strap j'ai compris pourquoi une fois Saou passé...

En plus de ça j'ai prévu mon coupe vent, ma veste pluie si grosse cata, et je jouerais sur mes deux bidons (2*500ml soit le minimum imposé). Pas de Camel, trop lourd... 2 compotes, une dose de boisson énergétique en sachet.

J'ai fait un bidon d'eau et un énergétique pour démarrer. Je prévois donc de recharger au premier ravito au 21e ! C'est loin compte tenu des ascensions qui précèdent.

Autour de moi il y a plein de mecs avec les bâtons, c'est presque inquiétant... On verra !

Enfin et pour en finir avec le matos, je teste grandeur nature ma nouvelle montre (Suunto ambit 3S) et la tenue Cimalp Trail fraîchement reçue ! Je vous ferais les retours (très positifs) sur un autre article.

Ludovic Collet "The Voice" arrive, Jack Peyrard aussi, et bim après un peu de chauffe-public on démarre sous la musique de KohLanta. Le ton est donné !

La personne devant (une dame avec des batons)
aura été mon lièvre une bonne partie de
l'ascension aux Trois Becs.  Merci à elle !
10h30 Départ.
Ça part vite en tête de course (logique), mais le plus gros du groupe part tranquille.
Le départ est finalement calme c'est top ! On démarre presque directement sur la montée du Cresta, je me place pour avoir un rythme correct sans me cramer.

Dès que c'est trop lent pour moi je double sans faire le dingue pour pas me flinguer. "Gauuuuche" "Droiiiiiiite" Bref je monte bien en maintenant un cardio assez soutenu.

Les 500 premiers mètres de dénivelé passent vite en fait et on arrive sur un single magnifique cerné de thym, ça sent bon et la vue est merveilleuse... passage super et on ne fait que démarrer.

Je cueille un bout de thym pour garder l'odeur avec moi en préparation de l'ascension qui suit. Il me suivra jusqu'au ravito du 21ekm, je l'ai fait tomber par mégarde ;)

Une belle descente technique suit, un passage très court sur route et on repique sur du caillou pour démarrer d'abord doucement l'ascension aux trois becs.

Nous sommes au pied des Trois Becs (pris dans les nuages), on voit la roche percée, et maintenant on monte cash !

La montée du Pas de la Motte est d'abord en sous bois, c'est pentu, mais peu technique.
La longueur fait travailler les jambes, je m’aperçois que je regarde l'avancement du dénivelé tous les 50m de D+. Merci Suunto ca aide énormément de savoir où l'on en est...
Je suis mon lièvre et ses bâtons (super sympa au passage), je me retiens de doubler, il faut s'économiser car c'est long ! Quelques percées offrent des vues splendides sur la Drôme et Saillans (à environ 1000 mètres d'altitude c'est superbe !)
Il fait froid, le vent souffle et après avoir bien mouillé le maillot, ça peut se payer cash : j'ai mis directement mon coupe vent !
Puis on sort du bois (non pas de jeu de mot) et on arrive sur les "plateaux" des 3 becs (en fait c'est juste dégagé et pas plat !).

Et c'est là le plus dur. Jack s'est bien amusé : il faut poser les mains et se hisser parfois pour suivre la trace. Tantôt de l'herbe, tantôt de la caillasse en plaques, verticales...

C'est là que j'ai compris que c'était pour ça qu'on parlait de Skyrunning... exigeant physiquement, c'est engagé, il faut mettre les mains. Le passage se mérite. C'est sauvage et l'environnement m'a directement rappelé qu'on était sur zone classée Natura 2000. SUPERBE. Ça se respecte.

Arrivé en haut de cette ascension qui laisse des traces et avant de monter encore un peu pour être dans les nuages, tu tournes la tête et tu prends ça :

Cliquez pour du grand écran, ça vaut le détour ;)


Un autre trailer qui me voit prendre les photos me propose d'en faire une, c'est oui direct ! Merci à lui ;)
 On continue à monter un peu après ça, on reprend la course et on atteint le premier checkpoint (pas ravito). On est dans les nuages !

Mais c'est de courte durée car maintenant, on peut ré allonger la foulée ! la descente est amorcée, direction la Forêt de Saou ! C'est d'abord un chemin d'altitude (mention spéciales aux fleurs superbes qui l'entourent par endroit), puis on pique sur un chemin de cailloux où il faut se méfier après l'ascension que l'on vient de faire, il ne s'agit pas de se faire une cheville !

Je me fais doubler par Frederic Desplanches (Mon porte Bonheur depuis Mirmande en fait), il file à vive allure sur ce chemin compte tenu des 85 ou 90km qu'il a deja avalé, sans compter le dénivelé. Il n'est plus avec Stéphane Brogniart et il me dit être second. Je l'encourage, pour une fois ca fait plaisir de se faire doubler ;)
Il gagnera finalement l'ultra quelques heures après. Chapeau !

En ensuite on rentre dans la Grande Combe de la Forêt de Saou... là on prend une sacrée dose de magie. La lumière est filtrée par les arbres et la roche, car on court entre des falaises. C'est très humide et donc très glissant (piège à chevilles). Une ambiance "mystique" "légendaire" ou je ne sais trop quoi... et c'est en descente... j'ai réellement pris mon pied sur cette partie. Je la referais sans hésiter en boucle sans m'en lasser... Calme, Paisible, Protégé... on slalome entre les arbres, racines et cailloux moussus... c'est juste fantastique...

Alors j'ai évidemment pas pris d'images... car j'étais totalement pris par ce single ensorcelant... j'ai donc cherché quelques photos de ce passage sur le net (copyright à leur proprio) pour vous donner un petit aperçu, qui ne vaut pas la réalité tout de même. Ce sont les 3 photos à droite.

On organise une sortie là bas quand vous voulez, moi j'y retourne volontiers juste pour ce coin !

 J'arrive ensuite au premier ravito, c'est le choc : le soleil est carément là ! on grille !
On ne s'en est pas rendu compte tant la Foret isole, mais dehors on est au dessus des 25 degrés !
Ca va compliquer la suite du parcours que j'estimais comme une formalité après les ascensions...

Donc ravito plutôt salé pour moi, saucisson, recharge de gourde en énergisant, renouvellement de l'eau bien vidée, 2 bouts de bananes et on redécolle. Je profite de mon état de grâce après la forêt qui m'a clairement regonflé !

Il fait chaud ! C'est la première de l'année à cette température, je sais que ca peut se payer cher. Je m'hydrate donc du mieux possible. J'avance finalement bien sur du sentier très sec, bien chargé en cailloux. La foulée s'allonge bien, j'ai chaud, mais pour le moment j'avance !

Pour sortir des doubles synclinaux qui enclavent la Foret de Saou, Jack nous a prévu une dernière difficulté : on passe par le Pas du Faucon.
Avec cette chaleur, je n'étais pas tout seul, j'ai découvert ce que ca voulait dire exploser en Trail.
Plein cagnard, une côte oscillant entre 20 et 35%, sérieux ça fait mal, pourtant j'étais assez bien jusque là !

C'est là que je rencontre Charles Tirel (TRGV & Tu sais que tu fais du Trail quand...). On a explosé sur cette montée. C'était 10/20m et pause sous la première ombre venue... énorme. Le Pas du faucon aura fait mal, très mal, beaucoup l'auront dit, pour ceux qui sont arrivés.

Une fois passé, on savait que la dernière difficulté était derrière. Il fallait maintenant rallier Crest. Fini l'ombre de la Forêt ! On ne se quittera plus avec Charles, les montées même classiques sont difficiles et on peine à relancer sur le plat. Étrangement on descend super bien tous les deux.

Au loin les Trois Becs, on était là bas le matin ! Plus aucun nuage, juste un soleil de plomb ! 
Le soleil tape fort, un couple de trailer sont au ralenti, c'est vomito pour monsieur. Madame l'épaule, nous continuons donc. L'insolation rôde, le soleil ne fait pas de cadeaux, même seulement au printemps.



Les gourdes descendent et nous nous arrêtons à chaque rivière pour refroidir les mollets, se rafraichir un peu... Je passe mon buff à la flotte pour le gorger d'eau, direct sur la tête... on aura fait ça sur les deux rivières croisées. C'était vraiment nécessaire. L'eau s'épuise doucement et on espère le prochain et dernier ravito.

Cadeau pour Charles (à droite) : un beau panorama !
On arrive enfin à ce ravito, il est en plein cagnard... l'eau servie est chaude. Bon. ben maintenant il faut finir. On estime le passage sous 6h possible, les jambes commencent à être lourdes, la chaleur a fait du mal. Toutes les montées sont marchées et on se motive pour atteindre le point de mire suivant... mais toujours pas de Tour de Crest en vue... bon sang...

La dernière bosse est passée au 35e km il reste 3 bornes pour arriver. D'après les calculs de Charles on peut encore passer sous les 6 heures.
  • 37e km à 6:02min
On se décide à accélérer pour tenter le coup.
Sauf que j'ai les jambes lourdes et beaucoup moins d'expérience que Charles j'ai l'impression d'être complètement cuit sur ce bitume, j'ai chaud je suis en ventilation... Il me dit de m'alléger et de vider mes gourdes pour finir, ok go je vide une gourde.

  • 38e km à 5:40min
On accélère encore et encore... Je suis cuit. Charles m'encourage, me dit de rien lâcher, je donne tout.
  • 39e km à 5:22min

Charles passe sous l'arche au sprint et monte le ponton de l'estrade dans la salle de l'espace Soubeyrand. je passe 20s derrière à fond de cale. Et on passe tous les deux sous les 6h !!!
39 ou 40km selon le GPS, 2400 à 2800 de D+ selon le référentiel.
53e/ environ 150 dans des conditions... Enormes ! Quelle aventure !

Un grand merci à lui pour tout ! Une super rencontre, j'espère qu'on aura l'occasion de recourir ensemble, entre Drômois ! Et pas que sur 15km cette fois :) C'était un réel plaisir !

On s'est ensuite posé avec la bière de l'arrivée pour attendre Mathieu qui nous rejoindra moins d'une heure après, conditions compliquées (merci les godasses, le rhume et tout...)

Une journée au top. Je vous recommande vivement ce parcours. Perso je resigne l'année prochaine. Soit pour le 67, soit pour refaire celui là ;)





A très bientot !

10 commentaires:

  1. Beau récit, il reflète vraiment la réalité, pour l'avoir vécu aussi.
    Thierry (TRGV)

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    1. Merci Thierry ! On est à priori pas mal à avoir vécu ces difficultés face au soleil. Ça aura marqué les esprits présents sur cette édition 2015 :)

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  2. Oh oui qu'il est beau ce parcours. La "grande combe" j'y suis passé quelques heures après toi (j'étais sur le 111km), avec les rayons du soleil qui se glissaient entre les hautes falaises et jouaient avec les feuillages des grands arbres, pas un bruit, juset les chants d'oiseaux et le flop-flop des foulées. Comme tu dis... Magique! Bravo pour ta superbe course et pour ce plaisir à courir que tu transmets dans ce récit.
    Samontetro

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    1. Merci Samontetro et bravo pour le 111 ! C'est du lourd ! Le début doit être superbe aussi, il parait que les single offrent de très belles vues également :)

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  3. Bravo David et beau compte rendu ! le parcours était effectivement costaud mais magnifique.
    Je vois que tu comptes faire un article sur le short Cimalp, tu penses le faire bientôt ou attendre encore quelques semaines/mois de test ? Je suis intéressé par ce dernier et j'attendrai ton avis à son sujet ;) merci
    Pierre

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    1. Merci Pierre :)
      J'ai prévu un retour sur mon matériel Cimalp (short & tshirt 3DFLEX, chaussettes basses) courant de la semaine. Le retour sera basé sur mes impressions durant le skyrunning et quelques petites sorties autour. Je produirais un 2e retour en m'appuyant sur plus de sorties un mois ou deux derrière afin d'avoir une meilleure visibilité.
      En tout cas, comme je l'introduit sur cet article, c'est du très bon et tu peux foncer !
      A très bientôt avec ce test et encore merci pour ton retour :)

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    2. Super, merci !
      juste une petite question, sur leur site ils conseillent de prendre une taille en plus. Tu as pris ta taille habituelle ?
      bonne continuation et merci!

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    3. Alors perso comme chaque marque cote différemment et que j'ai parfois eu des surprises j'ai sorti le mètre ruban pour mettre mes mensurations en face des tableaux Cimalp. Ca a donné un S au short et un S en Tshirt.
      Porté c'est pile poil pour moi ! Je te conseille donc de faire les mesures pour assurer ;)

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    4. et voila, Test posté ! si besoin d'autres retours n'hésites pas ;)
      http://davintothewild.blogspot.fr/2015/05/alors-ca-donne-quoi-cimalp-en-trail.html

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