lundi 26 décembre 2016

Une belle conclusion de saison aux Templiers

J'ai mis longtemps à le pondre celui là. En fait au début j'avais pas prévu de publier. Mais... l'étape des Templiers était importante pour moi alors j'ai décidé de vous en parler !
Ce 23/10, je me suis engagé sur le plus vieil événement Trail de France : Les Templiers.

A vrai dire, en m'inscrivant en début d'année, je me disais - et on me disait - que l’enchaînement Ut4M / Templiers était compliqué... (Version sympa) 2 mois d'intervalle, sur du longue distance. Il est vrai que c'était culotté. 

Mais à l'issue de mon Ut4M amputé compte tenu de l'imprévisible météo qui a tout chamboulé, l'objectif initialement BONUS que représentait la course des Templiers est finalement devenu une évidence. Ça va passer, mais je le ferai en mode sortie longue sans prépa (pas le temps) ; du moins sur les acquis, avec comme seul moteur l'envie de se faire plaisir, qu'importe tout le reste ; après tout ma saison était ; pour moi ; déjà réussie !


J'ai donc rejoins Millau, capitale du Trail pour le weekend. J'y ai retrouvé Jéjé, mon coéquipier du Team Cimalp et les Diois Trailers venus en force.

Nous sommes tous deux engagés sur le 76km 3500D+, épreuve mythique qui a vu les plus grands passer par là. C'est un peu un incontournable et il est vrai qu'il y a une ambiance particulière.

Le coin est chouette et l'arrivée sympa, perchée en haut d'une colline. Je me dis que l'arrivée risque de piquer car il faudra forcément remonter...




Avant le départ qui sera donné à 6h, ce sera une nuit en mode Roots, dans la bagnole ! Finalement, c'est super bien les monospaces : j'ai pas regretté le mode 7 places et j'ai même passé une bonne nuit, même si trop courte à mon gout.


Réveil 4h50 et je bascule en mode automatique : nokage, je mets la tenue, fais le sac, petit dej sommaire car je sais maintenant que le bide chargé ne me réussis pas. Le rituel est maintenant rodé je sais ce qu'il me faut et j'applique. Ca change de la préparation et de la gamberge de mes premiers trails longs.

On quitte le "campement" avec jéjé et direction la ligne de départ.  La tête un peu dans le coaltar... 

On souhaitait s'aligner au plus près possible de la ligne... Jéjé a une entrée préférentielle et nos chemins se séparent là. 

Beaucoup de monde est déjà sur place et je me retrouve...loin ! C'est pas vraiment le top car on m'a beaucoup parlé des bouchons... et ça... j'aime pas !

Mais bon, objectif plaisir et surtout, pour une fois j'ai décidé d'écouter le conseil d'un sage :

"Partir doucement, ne pas se laisser aspirer et patienter pour ne pas se mettre dans le rouge"



Le speaker fait monter l'ambiance, et annonce les internationaux présents sur place... c'est juste énorme. Je suis logé en plein pack et il va falloir appliquer les bons conseils que l'on m'a prodigué.

Le générique est lancé, "Ameno" d'ERA qui donne certainement ce coté mystique à cette course. A cela s'ajoute les fumigènes rouges qui nous encerclent sur les 100 premiers mètres. A vivre, c'est vraiment soigné même si le monde est incroyable (2500 partants).

Le début est assez spécial, c'est du bitume à plat/faux plat sur 3km et Boum on grimpe une falaise par un sentier de terre bien caillouteux. J'ai été sage, bitume avalé à 5:30 au km environ ; je m'engage dans la pente, dans le flot de coureurs, hyper dense il faut le dire, mais c'est large et ça passe par colonne de 2 à 3 par moment. La pente est sèche et mon corps se chauffe doucement je ne m'affole pas, et me dit qu'il ne faut surtout pas faire le fou si tôt.

54 minutes, et me voila au premier checkpoint sur le premier plateau qui annonce une section hyper roulante en chemin large où doubler est facile. Mais c'est justement le piège de cette 15aine de km.
J'applique donc la stratégie prévue : rester sur la réserve en déroulant à 5:30 / 5:45 au km. 

Confortable, je remonte en continu et double quand même les coureurs par dizaines jusqu'à l'entrée d'un single en balcons magnifique. (même si ma photo est pourrie). 

Ça traîne devant... et impossible de doubler. Tant pis, patience ! C'est l'occasion de profiter de la vue et d'échanger avec les autres coureurs. On surplombe les gorges du Tarn, et avec les couleurs de l'automne c'est magique. je m'éclate sur ce passage très ludique en descente vers le premier ravito de Peyreleau.

Peyreleau - km22.7 - 2h32 - 673e

J'arrive frais, les jambes légères, à Peyreleau et prend soin de doubler le petit groupe qui ralentissait sur le single en balcon. Je remplis rapidement mes flasques de st yorre, mange quelques bouts de banane et...

"Oh, mais c'est du roquefort ça ! Chouette, on a dit plaisir alors on va tester, il a l'air bon !"


Des tartines de Roquefort à perte de vue (de table), le corps était frais, la tête était bien, mais je prend quand même un bon coup de boost ! Vraiment énorme de trouver du Roquefort en course !
Je ne m'éternise pas et repars vite, je suis super bien, à tous points de vue.

La montée qui suit directement après le ravito est plus ennuyeuse : ça bouchonne toujours malgré quelques passage où je peux doubler... mais c'est majoritairement étroit et difficile de passer devant.
Je demande autour de moi si c'est comme ça tout le long... car même si c'est joli, c'est quand même pas super agréable de ne pas pouvoir avancer à son rythme...

Heureusement quelques passages en descente technique me permettent de doubler... je ne fais que remonter, et je suis toujours bien.

Saint André de Vézines- km33.3 - 4h04 - 583e

J'arrive au ravito, sur du bitume pour traverser le village, j'ai les jambes qui m'indiquent le passage des 30 bornes, mais pas de douleur, une foulée que je trouve toujours bonne et un mental toujours là.
Au ravito, c'est rechute : Cassage de Roquefort classique et ...

"Oh mais c'est un autre Roquefort ! Je le connais pas celui là il est tout bleu !"


Bon, j'ai été gravement tenté, mais j'ai pas osé taper dans ce joli bleu fluo... Je reviendrais pour sûr !
Pour la bonne conscience un bout de banane, un ou deux quartiers de pomme et zou c'est reparti !

Une belle section descendante m'attendait et surtout, depuis le km 30 environ j'ai moins la sensation de bouchon, j'ai du lâcher le pack ! Du coup me voila à mon rythme et en descente, même prudemment y a moyen de s'amuser. Le plaisir est là et on fini par piquer sur MontMéjean et sa superbe forteresse accrochée à la colline. c'est très beau avec ces couleurs et en plus il n'y a qu'à se laisser descendre... encore beaucoup de plaisir sur ce secteur.

La Roque Sainte Marguerite - km43.6 - 5h25 - 544e

On traverse ensuite la Roque sainte Marguerite, où un point d'eau nous attend en prévision d'une vilaine montée juste derrière, avant le ravito qui suit. Je suis à sec et remplis mes flasques.
Je commence à accuser le coup. Les montées sont ravageuses et particulièrement bien placées. L'organisation a établi un parcours tout en usure... chaque cote grignote mes jambes.

Si bien que je suis à la limite de l'hypo juste après le point d'eau... limite limite, je décide de m'arrête à la moitié de l'ascension avec une super vue en balcon donnant sur la Roque et les falaises en face.
J'ai la chance de voir un vautour passer, je profite de l'instant assis et mange une barre, peinard, tant pis pour les 6/8 places perdues. J'ai redressé la barre à mon avis limite... mais ça repart !

Pierrefiche - km47.4 - 6h09 - 531e

La montée de Pierrefiche a fait du mal. Diaboliques sont les traceurs des Templiers.
C'est un gros ravito qui nous attend et beaucoup font une pause ici. La suite est annoncée comme exigeante. Je décide de prendre un peu plus de temps, de bien manger après avoir repoussé cette hypo qui rodait... Pommes, compote, du salé, du Roquefort, encore du Roquefort et une petite soupe toujours agréable !

Les coups de culs sont dévastateurs et parfois d'une technicité assez affûtée. J'ai même été surpris par endroits. La suite de la course est véritablement machiavélique. Les choses commencent ici en alternance de montées/descentes... souvent techniques, la course est ralentie, beaucoup plus que ce que j'imaginais. Chaque cote te rabote un peu plus les jambes et j'ai la sensation que le parcours est 
conçus pour te rôtir à petit feu. Sur le papier, c'est pas grand chose mais sur le terrain, il y a des surprises.

Si bien que je mettrais 3h pour traverser la section Pierrefiche-Massebiau. J'ai fait une nouvelle hypo en route bien sur... que j'ai compensé rapidement, mais trop tard ;) Mais alors par contre les sentiers en bord de falaise, à travers les roches... c'était superbe... à refaire avec une vue plus longue, là c'était trop gris... 

"Patience et économie qu'il disait. Il avait raison le bougre !"

Bref je m'apercois que je me fais plaisir, et que même avec quelques loupés en alimentation, je ne fais que remonter... 

Massebiau- km65.5 - 9h02 - 495e

Il parait que la course commence ici ! Je refais le plein d'eau... et comme c'est pas un ravito et que je suis limite en hypo... je me refais une barre. Sauf que la cote d'après... elle est pas croyable... 500m de D+ compliqués. Et je découvre qu'une barre ne suffit pas. Le mal est déjà fait depuis quelques temps et je ne faisais que retarder :

"La vraie, la belle, celle qui te scotche au talus et te fais t'accrocher aux arbres les plus proches pour te hisser 50cm plus haut en titubant -avec les petites étoiles- j'ai nommé : Madame l'Hypoglycémie."


Aux 2 tiers de l'ascension, BOUM j'ai découvert DavIntoTheHypo...

J'ai eu beau manger ce que j'avais, je suis arrivé en haut blanc comme un cul... le mec qui faisait l'aiguillage l'a bien vu... Il m'a indiqué le ravito tout proche, au Cade, et ça c'était la bonne nouvelle qui sentait l'écurie !

Le Cade - km68.9 - 9h52 - 481e

Bon alors déjà si vous avez suivi le titre... vous vous dites que 50min pour 3 km, ça déboite hein ?
Bah j'ai quand même fait mon maximum pour avancer correctement, j'ai une fierté bordel, j'ai même gagné des places ! (j'avoue ne pas savoir comment... ou peut etre que je m'en souviens pas...)

Il faut maintenant se refaire la cerise, car les hypo, ça ralenti vachement ! J'ai mangé au possible, en estimant que ça irait pour les 8 derniers km... je crois que j'ai mangé tout ce qui passait... plus de pitié à quelques km de l'arrivée.

Et là paf, ressuscité ! Les jambes sont top, le moral est toujours là, le plaisir aussi. Je me surprends même à m'auto-foutre de ma gueule... je me régale, Génial. La descente est bien réalisée... je double toujours... jusqu'à arriver à la dernière vilaine bosse qui a son petit nom de Western : le Puncho.

Après toutes mes péripéties, autant dire que je l'aborde avec la plus grande humilité, peinard en mode randonneur, on plutôt escaladeur car certaines marches sont immenses. Mais encore une fois c'est beau... alors je savoure la fin, on entend le speaker au micro... le job est quasi fait...

Je retrouve Jean Michel, rencontré auparavant sur un ravito, la redescente est dans la lignée du parcours : fourbe. Les quadris aiment pas bien tellement ça descend à pic. ça glisse beaucoup mais étonnamment on déroule tous les deux, très à l'aise. Gros moment de kiff cette descente de dingue.
Le premier km de descente était tellement technique que je l'ai descendu à 11' au km !

Mais tellement heureux de ma course, je décide de faire Gazzzzzz sur la fin de parcours.
Dernier km à 4'23... en trombe dans les S... et je passe l'arche super content, un peu surpris de -finalement- être en bon état, mais finisher d'un monument du trail, avec le sourire.



Ma course résumée par live trail ici :



Comme quoi, partir raisonnablement ça paie... Merci Alan.

Je finis la course avec un esprit très positif. Déjà par mon excellent état général à l'arrivée (j'ai rejoins ma voiture en courant...) et surtout le sentiment du job bien fait, d'avoir bouclé la boucle. 
C'est aussi une confirmation : mon truc c'est le trail long, je me suis régalé !

Ça relève aussi un certain de nombre de points à travailler...
Bref, c'est l'expérience qui rentre comme on dit !

4 commentaires:

  1. bravo pour ce partage!
    il faudra que je le fasse un jour celui-là...
    en tout cas, ça donne envie!

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    1. Merci David ! Au plaisir de se croiser sur un chemin, et pourquoi pas à Millau ;)

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  2. Merci pour ce CR. Et oui, on s'est bien amusé dans cette descente.
    Globalement, j'ai trouvé la course top, superbe paysage et atmosphère.

    As tu déjà des plans pour 2017, qui sait on se croisera encore peut-être :)

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    1. C'était cool de faire ta connaissance ;)
      J’espère bien qu'on se croisera à nouveau, je posterai mon programme 2017 dans quelques jours !
      A bientot

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